La FEUQ décapitée

C’est avec un président en moins que la FEUQ tentera de se relever d’un référendum de désaffiliation qui privera l’association de 10% de ses membres.

Les étudiants du campus rimouskois de l’UQAR (AGECAR) ont en effet fait le choix de ne pas renouveler leur confiance en leur association nationale, entraînant la démission du président de la FEUQ, Antoine Genest-Grégoire. « Notre organisation a été victime de nombreuses attaques et critiques », a-t-il affirmé dans sa lettre de démission.

« Autant je sens le besoin de changement au sein de la Fédération pour permettre cette adaptation, autant je sens que je suis étranger à ces démarches », a-t-il rajouté afin de justifier son départ.

Dans la deuxième désaffiliation en moins d’un mois, une association membre faisait faux bond. Les membres de l’AGECAR se sont prononcés à plus de 80% en faveur de la désaffiliation.

Cette décision claire fait suite à une autre désaffiliation qui a eu lieu fin septembre à l’Université du Québec à Chicoutimi. En effet, dans cette autre université du réseau de l’Université du Québec, les membres de l’association, le MAGE-UQAC, ont décidé de voter contre le maintien de leur adhésion à la FEUQ à presque 70%.

« Je souhaite profondément que la FEUQ reconnaisse rapidement le résultat du processus référendaire qui vient de se terminer », a affirmé Sylvain Jomphe, président du MAGE-UQAC. La même préoccupation ne semble pas habiter l’exécutif de l’association des étudiants de Rimouski puisque ceux-ci semblent vouloir se désaffilier, peu importe la réaction de la FEUQ.

Les étudiants du campus de Lévis de l’UQAR s’étaient déjà prononcés à 85% en faveur de la désaffiliation en septembre. L’Université Laval, actuellement représentée par la TACEQ, ne fait plus partie de la FEUQ depuis une dizaine d’années.

Force est donc de constater que le caractère national de la FEUQ tend à s’amenuiser. En effet, les trois associations ayant quitté étaient toutes des associations de région. Il ne subsiste que deux adhérents issus de l’extérieur de la grande région métropolitaine, à savoir la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke et l’Association Générale étudiante de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Rappelons également qu’un vote de désaffiliation avait ébranlé l’association en remettant en cause l’adhésion de leur plus important membre en région, soit l’Université de Sherbrooke. L’an dernier, c’est par moins de cent votes que les étudiants de Sherbrooke avaient réitéré leur appui à la FEUQ dans un vote de désaffiliation.

La FEUQ représentait toujours 120 000 étudiants le mois passé. À ce chiffre, il faut maintenant soustraire 12 000 étudiants, faisant passer le grand total à environ 108 000, dont seulement environ 17 500 sont issus de l’extérieur de la grande région de Montréal.

C’est également ébranlé par une série de référendums infructueux que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a effectué sa rentrée 2013.

De fait, dans un contexte de la grève et du sommet de l’éducation, de nombreuses associations étudiantes collégiales ont fait le choix dans les derniers mois de remettre en question leur affiliation à la FECQ. Les associations des cégeps de Granby, Rimouski et Jonquière ont fait le choix de quitter la FECQ.

Quatre autres cégeps ont également tenu un vote de remise en question de leur affiliation. Les quatre référendums sont toutefois remis en question par la FECQ qui se refuse à accepter comme valide le résultat des différents référendums.

Il est ici question des cégeps d’Alma, de Saint-Félicien et de Shawinigan, ainsi que du Cégep André-Larendeau. Ces différentes associations ont cessé de payer leurs cotisations à la FECQ. Le Cégep de Saint-Félicien s’est par ailleurs affilié à l’ASSÉ.

La FECQ considère que les contrats référendaires de ces différentes campagnes référendaires n’étaient pas valides puisque les associations n’ont pas, d’après la FECQ, respecté les règles en vigueur au sein de la fédération. Les associations, quant à elles, considèrent que les règles de la FECQ ne sont pas légitimes au sein de leur organisation.

 

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